Les livres interdits au diocèse de Luçon

Mgr Baillès, évêque de Luçon (1846-1856) 

« Indiquez [aux fidèles] que tous les romans d'Eugène Sue, et plusieurs de ceux de George Sand, de Balzac, d'Alphonse Esquiros, ayant été condamnés par le Saint-Siège Apostolique ainsi que les œuvres de Proudhon, nous en interdisons expressément la lecture […] ». En 1852, Mgr Baillès, évêque de Luçon, dresse ainsi, à destination des prêtres, un règlement en treize points sur les lectures jugées dangereuses. Le prélat leur conseille d’apprendre « la nomenclature des auteurs et des ouvrages qui ont été mis à l'Index » et de refuser « l'absolution, même au temps pascal, à ceux qui tiennent [des] cabinets de lecture ». Les armoires et les greniers pouvant contenir des livres prohibés, il indique qu’à l’occasion d’une succession, les parents « ne doivent ni lire, ni garder, ni vendre […], ni […] disposer d’aucune manière » des volumes du défunt sans en avoir préalablement communiqué la liste au curé [d’après Mgr Jacques Baillès, Instruction pastorale de Mgr l’évêque de Luçon sur l’Index des livres prohibés, 1852, vue 157]. 

  

Cet exemple d’instruction pastorale trace pour les fidèles une ligne de conduite morale, témoignant de la mainmise de l’autorité ecclésiastique sur les consciences. Il existe toutefois un écart entre les normes et les pratiques, comme le présentent les comptes rendus des visites épiscopales dans les paroisses. Mgr Baillès aimait pourtant les livres : on lui doit la superbe bibliothèque de l'évêché. Il avait toutefois un certain penchant pour la censure, puisque, bientôt retiré à Rome, il y trouva de l'emploi à la Congrégation de l'Index, où il s'attachera à faire interdire une grande partie de la littérature française contemporaine. 

  

C’est l’expression de la vie religieuse vendéenne, du rétablissement du diocèse à partir de 1821 au combat pour l’École libre durant la première moitié du XXe siècle, que les 1371 actes épiscopaux, récemment mis en ligne, permettent de restituer. Ces textes officiels, pris par les évêques pour le gouvernement et l’information du diocèse, témoignent encore des guerres, des changements de régime politique, des catastrophes locales ou nationales, et des bouleversements sociaux. 

  

Puis, le diocèse délaisse progressivement la publication des mandements en feuilles volantes et privilégie l'insertion des textes dans La Semaine catholique du diocèse de Luçon, qui devient l’organe officiel de l’Évêché. Ce changement entraîne une diminution du nombre d’actes émis par les évêques à partir des années 1920. 

  

› Consulter les Mandements et actes épiscopaux des évêques de Luçon (1821-1938)  

Rubrique : Mise en ligne

Date de publication : 19 novembre 2012

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