Vous êtes ici : Accueil > Clefs pour la recherche > Guides de recherche > Les sources du tourisme en Vendée > Le tourisme des "bains de mer" (1816-1940)

 

Le tourisme des "bains de mer" (1816-1940)

La mode des bains de mer, importée de Grande Bretagne, fait son apparition aux Sables d’Olonne vers 1816. Elle est d’abord limitée à quelques dizaines de personnes, puis en concerne un gros millier entre 1850 et 1860. L’ouverture de voies de chemins de fer à partir des années 1860 élargit l’offre touristique à d’autres secteurs du littoral : Saint-Gilles, Noirmoutier, La Tranche-sur-Mer, Saint-Jean-de-Monts, Croix-de-Vie. Réservé aux classes privilégiées, ce premier âge du tourisme atteint son apogée à la Belle Epoque et repose sur quelques centres d’intérêt : la plage, les promenades, les casinos, les fêtes. L’accueil se fait en hôtel, chez l’habitant et dans des villas ou “chalets”.

L’entre-deux-guerres prolonge cette période, tout en y introduisant des changements significatifs. Ainsi, l’automobile et les autocars commencent à concurrencer le chemin de fer. Les classes moyennes font leur apparition et – plus timidement – les classes populaires (congés payés). Le littoral est également fréquenté par de nouvelles catégories d’estivants : les campeurs et les enfants des colonies de vacances. Certains d’entre eux prennent pied à l’Ile d’Yeu. A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, la côte vendéenne accueille entre 100 000 et 200 000 touristes répartis sur une douzaine de stations.

C’est logiquement aux Archives départementales de la Vendée et dans certaines Archives communales que se trouvent les sources principales de cette longue période. Quelques dépôts extérieurs ont été explorés, mais sur des segments particuliers.



1.1 – Les Archives départementales de la Vendée 

Administration générale

– 4 M 107-110 : Police des jeux, dont casinos (1866-1940).

– 4 M 152-153 : Statistiques annuelles d’estivants aux Sables d’Olonne établies par le commissariat de police (1880-1894).

– 4 M 201-202 : Produits des jeux dans les casinos des Sables d’Olonne (1894-1910).

– 4 M 219 : Etats numériques des estivants aux Sables d’Olonne dressés par le commissariat de police (1937-1939).

– 6 M 1099 : Enquêtes sur la fréquentation touristique en Vendée, à la demande des services de la Jeunesse et des Sports (1937-1938).

– 7 M 209-210 : Amodiations de cabines de bains dans diverses communes du littoral vendéen (1925-1940).

– 7 M 213 : Autorisations de campings saisonniers accordées par l’Etat dans les forêts dunaires (1935-1939).

– 7 M 215 : Concessions accordées à des particuliers et à diverses colonies de vacances en forêts et dunes domaniales (1924-1940).

– 8 M 420 : Enquêtes sur les hôtels de tourisme de la Vendée (1937-1939).

La série M regroupe la documentation la plus fournie sur les premiers âges du tourisme. On notera cependant qu’elle fait la part belle aux Sables d’Olonne et qu’elle ne contient rien sur la première moitié du XIXe siècle.

Affaires communales

– 1 Ø 487 : Travaux dans le château de Noirmoutier (1856-1920).

– 1 Ø 614 : Les Sables d’Olonne : bois de La Rudelière (1897-1914) et hippodrome de La Lande (1912-1921).

– 1 Ø 616 : Les Sables d’Olonne : bains de mer et machines à baigner (1823-1904). Casinos (1836-1904).

– 1 Ø 706 : Bains de mer à Saint-Jean-de-Monts (1898).

– 1 Ø 894 : Remise en état de la plage de Croix-de-Vie (1936).

– 1 Ø 951 : Protection du littoral à Longeville-sur-Mer (1930-1933).

– 1 Ø 1029 : Champ de courses des Sables d’Olonne (1900-1922).

– 1 Ø 1126 : Château de Talmont (1920).

– 1 Ø 1345 : Cabines sur le remblai de Saint-Gilles-sur-Vie (1938).

– 3 Ø 3148 : Réalisation de lotissements aux Sables d’Olonne, à Saint-Gilles et Croix-de-Vie (1927-1942).

Ce fonds disparate a l’avantage de livrer des informations sur les premiers bains de mer aux Sables d’Olonne et sur des réalisations intéressant sept communes littorales. 

  Travaux publics

– S 921 : Réalisation de la voie de chemin de fer La Roche-sur-Yon/Les Sables d’Olonne (1861-1868).

– S 926 : Aménagements sur la même ligne (1870-1874).

– S 939 : Ouverture de la voie de chemin de fer Challans/Saint-Gilles-sur-Vie (1880-1881).

Peu d’informations sur le tourisme, mais il faut rappeler que le rail a ouvert la Vendée à de nouvelles catégories d’estivants. 

• Justices de paix

– 4 U 10 (dossier 20) : Actes de la société de navigation“ L’Islaise” de l’Ile d’Yeu (1919).

– 4 U 24 (dossier 74) : Actes de la société du Grand Casino aux Sables d’Olonne (1899).

– 4 U 24 (dossier 83) : Actes de la Société immobilière des Sables d’Olonne (1923-1927) et du Grand Café de la plage (1925-1927).

– 4 U 24 (dossier 84) : Actes du Casino des Pins (1922) et du Cercle de Jeux (1926-1927) aux Sables d’Olonne.

– 4 U 29 (dossier 36) : Actes du Parc des sports installé sur la plage de Saint-Jean-de-Monts (1928).

Quelques renseignements peuvent être glanés ici, notamment sur Les Sables d’Olonne. 

• Assistance sociale

– 3 X 2068 : Procès-verbal du Comité départemental de surveillance des colonies de vacances (17 novembre 1938) et listes des colonies dites sanitaires en 1938 et 1939.

– 3 X 2069/1 : Déclarations d’ouverture de colonies de vacances en Vendée en 1939 et correspondance pour 1938 et 1939.

– 3 X 2069/2 : Dossiers de demandes d’agrément de colonies de vacances en 1939, avec fiches techniques, correspondance et parfois plans des lieux. De L’Aiguillon à Noirmoutier.

– 3 X 2070 : Suite des demandes d’agrément. De Notre-Dame-de-Monts à La Tranche-sur-Mer.

– 3 X 2071 : Contrôles des colonies de vacances en 1939. Gros dossier sur un projet de camp de vacances populaires à Sion-sur-l’Océan en 1937.

– 3 X 2072 : Subventions demandées (et souvent accordées) en novembre et décembre 1939 pour des colonies de vacances de la région parisienne projetant un séjour en Vendée en 1940.

Ces six dossiers heureusement conservés nous apprennent que la Vendée accueillait près d’une centaine de colonies de vacances à la fin des années 1930 et presque toutes sur le littoral. Il reste à reconstituer les décennies précédentes, jusqu’en 1896, date d’apparition des premières colonies aux Sables d’Olonne. 

• Archives privées

– 59 J (fonds Boquier) : Comprend un dossier disparate sur le tourisme en Vendée de 1932 à 1939 (59 J 53).

– 60 J (fonds Grelier) : Quelques informations sur le tourisme au Bois de la Chaise en 1904 et sur des manifestations touristiques à Challans au XXe siècle (60 J 107 et 60 J 120/69).

Pour mémoire. 

• Périodiques

Les Archives départementales possèdent une belle collection de périodiques où figurent chroniquement des informations sur le tourisme et les estivants. Voici les plus importants d’entre eux. Leurs références figurent entre parenthèses.

Annuaire administratif, statistique [etc.] de la Vendée, annuel, 1866-1868, 1890-1891, 1907-1910, 1923, 1926 (ADM PB 6).

La gazette vendéenne, hebdomadaire, puis bihebdomadaire, 1849-1863, 1865-1872, 1876-1882 (numérisée et consultable sur écran en salle de lecture).

Le Publicateur : journal de la Vendée, hebdomadaire, puis bi et trihebdomadaire, 1849-1916. Lui succède Le Nouveau Publicateur de la Vendée, hebdomadaire, 1918-1940 (PE 24, PE 56, PF 39 et PF 72).

Le Journal des Sables, hebdomadaire, 1851-1914 et 1919-1944 (numérisé et consultable sur écran en salle de lecture). – La Vendée républicaine, hebdomadaire, 1886-1943 et juin-septembre 1944 (PF 61).

L’Etoile de la Vendée, hebdomadaire, 1886-1944 (PE 52 et PF 27).

La Croix vendéenne, hebdomadaire, 1906-1937 (PF 17).

Ouest-Eclair, quotidien, 1936-1942 (PE 16).

Les lacunes repérables peuvent être comblées avec les collections des médiathèques du département. Par ailleurs, les Archives municipales des Sables d’Olonne possèdent une feuille paraissant en saison, La Plage des Sables, liste officielle des étrangers, 1888-1913 et été 1923 (manque de 1876 à 1887). 

• Iconographie

Les plus vieilles photos connues datent des années 1860. Quant aux cartes postales, elles connaissent leur âge d’or de la Belle Epoque à l’entre-deux-guerres.

– Cartes postales, collection Ramuntcho, des communes de L’Aiguillon-sur-Mer à Longeville-sur-Mer. En cours de numérisation et complétée régulièrement.

– Bains de mer, fonds Pargade, de 1900 à 1914. Numérisé et consultable sur écran en salle de lecture.

– Collection d’affiches du XXe siècle pour des manifestations de toute nature. En cours de classement en 15 Fi.

De riches collections se trouvent également au sein des Archives municipales (cf. 1.2), au musée de l’Abbaye Sainte-Croix des Sables d’Olonne et dans celui du Château de Noirmoutier. Signalons enfin l’important travail de collecte et de numérisation réalisé par AREXcPo en Vendée (Le Perrier). 

• Sources complémentaires

A ces dossiers facilement identifiables doivent être jointes d’autres sources nécessitant de plus longs dépouillements. On pourra y découvrir des informations sur les commerces et services liés au tourisme et sur les premières résidences secondaires.

– 6 M 27 à 461 : Listes nominatives des communes (1820 à 1936). Elles sont numérisées et consultables sur écran en salle de lecture.

– Sous-série 3 P : Cadastres. Matrices des propriétés bâties (XIXe et XXe siècles).



1.2 – Les Archives municipales

Les communes des Sables d’Olonne, de Château d’Olonne, d’Olonne-sur-Mer et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie disposent de services d’archives indépendants hébergés dans des bâtiments municipaux. Les autres communes du littoral ont – en principe – versé leurs archives anciennes aux Archives départementales de la Vendée. Déposés ou non, leurs fonds bénéficient d’une classification homogène mais différente de celles des Archives départementales. Il n’existe pas de fonds spécifiques au tourisme. Le chercheur doit trouver son “butin”, quand il existe, dans différentes séries postérieures à 1800.

– Série D : Délibérations et actes municipaux, dont arrêtés municipaux, correspondance, permis de construire, affiches, plans communaux.

– Série F : Population, économie, statistiques, mercuriales.

– Série G : Contributions, dont cadastres, patentes, commerces, cercles de jeux, casinos.

– Série H : Affaires militaires, dont Occupation et destructions sur le littoral (1940-1944).

– Série I : Police, hygiène et justice, dont fêtes et manifestations, contrôles des casinos, des hôtels, des débits de boisson, des campings, des associations et des étrangers.

– Série L : Finances de la commune, dont taxes et droits de place.

– Série M : Edifices communaux, dont bains publics et campings.

– Série N : Propriétés communales, dont plages, dunes, marais et forêts.

– Série O : Travaux publics, dont voirie, lotissements, tramway et navigation.

– Série R : Instruction publique, sciences, lettres et arts, dont bibliothèques, musées, loisirs et parfois tourisme.

– Série Fi : Documents iconographiques, dont affiches, photographies et cartes postales.

Les limites imparties à cette recherche n’ont pas permis d’explorer méthodiquement les différents fonds communaux. Par souci d’efficacité, il faut rappeler que le tourisme se restreint aux Sables d’Olonne de 1816 à 1850, qu’ensuite il gagne progressivement l’Ile de Noirmoutier, Saint-Gilles-sur-Vie, La Tranche-sur-Mer, puis Croix-de-Vie et Saint-Jean-de-Monts. Quant à La Barre-de-Monts (en fait Fromentine), Saint-Hilaire-de-Riez (Sion), Longeville-sur-Mer, La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon-sur-Mer et l’Ile d’Yeu, elles ne sont touchées qu’à partir de la Belle Epoque.



1.3 – Les Archives nationales (Paris)

Pour mémoire, à propos de la préhistoire du Ministère du tourisme.

– F14 12 357-12 358 : Budgets de l’Office national du tourisme (1910-1935).



1.4 – Les Archives de la Marine (Rochefort)

– 3 P 9/329 : Registres d’armements et de plaisance à Noirmoutier (1916-1935 et 1936-1961).

– 3 P 50 : Registres d’armements et de plaisance à l’Ile d’Yeu (1899-1956).

Il manque malheureusement les registres anciens du quartier des Sables d’Olonne. La plaisance ne concerne alors que quelques dizaines d’unités par quartier des affaires maritimes (Q.A.M.). Les registres d’immatriculation mentionnent au minimum le nom du propriétaire, celui du bateau et son tonnage.



1. 5 – La Bibliothèque du tourisme et des voyages (Paris)

Localisée dans le quartier du Trocadéro (XVIe arrondissement), cette bibliothèque a hérité du riche fonds documentaire du Touring-Club de France créé en 1890 et disparu en 1984. Voici, parmi d’autres, 9 titres fournissant des informations parfois très détaillées sur les sites touristiques de la Vendée.

– Guide Joanne, Itinéraire général de la France. De la Loire à la Gironde, Paris, 1891 (div. rééd.).

– M. Serpeille, « Les petits trous pas chers ». Guide des familles aux bains de mer. Plages de la Manche et de l’Océan, Paris, 1903.

– Touring-Club de France, Sites et monuments. Le Poitou, Paris, 1904.

– Guide Baedeker, Le Sud-Ouest de la France. De la Loire à la frontière d’Espagne, Leipzig et Paris, 1912 (9e édition).

– L. Brochet, La Vendée pittoresque, historique et archéologique. Guide du touriste, Fontenay-le-Comte, 1921 (également consultable en Vendée).

– Les guides illustrés [Hachette], Bains de mer de l’Océan. De la Loire à Saint-Sébastien, Paris, 1923 (div. rééd.).

– Les guides bleus, Bords de la Loire et Sud-Ouest, Paris, 1927 (div. rééd.).

– An., Guide des plages de France. Nord, Manche, Océan, Méditerranée, Paris, 1933.

– Syndicats d’initiative de la Vendée, La Vendée touristique, Fontenay-le-Comte, 1935 (également consultable en Vendée).

Les auteurs de ces guides ont pris leurs informations sur le terrain, mais il y a toujours un décalage entre la date de collecte en Vendée et la date de parution. Enfin, des renseignements ponctuels pourront être trouvés dans la Revue mensuelle du Touring-Club de France dont la bibliothèque possède la collection complète.


Retour en haut de page