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Les Archives à l’heure de la rentrée des classes
Les deux autres cahiers écrits par des élèves de 5e font partie des papiers personnels d’Emile Brethé qui fut professeur de lettres classiques au collège de Périgueux pendant les années trente et quarante. Il s’agit de textes composés pour la fête des mères en mai 1942, et d’un journal consignant des activités civiques en 1942-1943 (fonds Emile Brethé, cote : 176 J 17).
Parce qu’il faut bien un toit pour abriter élèves et professeurs, pourquoi ne pas consulter des plans numérisés d’écoles et de quelques salles dites des "œuvres post-scolaires", selon l’expression d’alors (XIXe s.-1ère moitié du XXe s.) ? Consultation à partir des catalogues de plans d’édifices classés par communes : L’Aiguillon-sur-Mer à Givrand, Le Givre à Rocheservière, La Roche-sur-Yon, Rochetrejoux à Xanton-Chassenon.
Et la littérature de jeunesse, plutôt d’hier que d’aujourd’hui, faite pour occuper le temps libre "post-scolaire", tout à chacun pourra la lire ou relire : multiples choix dans la bibliothèque d’Emile Brethé, cité plus haut (catalogue en ligne, choisir dans le plan de classement : sciences et arts, sciences sociales, éducation, livres pour enfants ; consultation des ouvrages en salle de lecture).
Le saviez-vous ? Les Archives départementales abritent les bibliothèques de deux lieux d’enseignement : celle historique du lycée public de La Roche-sur-Yon, connu sous le nom d’Edouard Herriot, et une centaine de volumes provenant de la bibliothèque du grand séminaire de Luçon. On appréciera l’équilibre des savoirs en présence (catalogues en ligne, consultation des ouvrages en salle de lecture).
Enfin, en cette rentrée, les résultats scolaires ne sont pas encore d’actualité, mais sachez que des bulletins de distribution de prix d’institutions vendéennes sont aussi conservés. A vous d’en trouver les références en utilisant le moteur de recherche du site. Les résultats et la méthode de cet exercice pratique seront donnés prochainement, pour sûr avant la fin de l’année scolaire.
2 septembre 2010

LUCIEN VIOLLEAU : 2710 JOURS DANS L’ARMÉE
Appelé sous les drapeaux en octobre 1937, Lucien Violleau, agriculteur à Martinet, est encore au régiment lorsque se déclenche la Seconde guerre mondiale. Envoyé sur le front de l’Est, il est comme beaucoup de soldats français, fait prisonnier en juin 1940. Interné dans différents camps, il est finalement envoyé en Allemagne où il est affecté dans des kommandos de travail. Libéré en mars 1945, il revient à Martinet après 2710 jours dans la vie militaire soit 7 ans et 5 mois.
De cette période, il a rapporté, entre autres, 3 carnets intitulés « Mes Mémoires » conservés par la famille. Dans ces pages à l’écriture régulière et serrée, Lucien Violleau raconte le quotidien, ses relations avec les Allemands et ses codétenus. Il replace les événements dans le contexte national et international. Bien que contraint de travailler, d’abord dans une carrière de pierres puis comme ouvrier agricole, il s’intéresse à l’actualité, lit des journaux, notamment l’Ouest-Eclair auquel il s’est abonné pour avoir des nouvelles du pays, écoute la radio. Il analyse ensuite ces informations, faisant montre d’une grande clairvoyance. Ainsi, dès le 6 octobre 1940, alors que beaucoup de prisonniers espèrent encore une libération prochaine, il affirme qu’ils « ne seront libérés que lorsque la guerre anglo-allemande sera terminée ». Il ajoute que « cette guerre pourrait très bien durer des années ».
Ces carnets sont accompagnés d’une exceptionnelle collection de photographies sur sa vie au régiment et en Allemagne. Les photographies prises dans les kommandos, aussi bien à la carrière de pierres que dans les fermes sont légendées : Lucien Violleau a identifié ses camarades.

Un érudit poitevin : Emile Brethé
Professeur de Lettres classiques, fin connaisseur de l’histoire littéraire poitevine, bibliophile averti et membre actif de nombreuses associations culturelles, tel fut Émile Brethé (1903-1997). Ses papiers personnels, sa bibliothèque et ses collections donnés en 2006 aux Archives départementales de la Vendée sont désormais inventoriés et disponibles au public.
Né à Fontenay-le-Comte, Emile Brethé y fait ses études primaires, est lycéen en hypokhâgne à Louis-le-Grand (Paris), et obtient à la Sorbonne un diplôme d’études supérieures avec un mémoire consacré à la fable française du Moyen Âge. De ses études au début des années 1920, il a conservé les souvenirs d’un voyage en Pologne, de curieux documents relatifs à une société d’élèves nommé le « Paradis », ainsi qu’une abondante correspondance échangée avec sa famille vendéenne.
Parallèlement à sa carrière professionnelle d’enseignant aux collèges de Sète et de Périgueux, puis au lycée Fontanes de Niort, Emile Brethé s’intéresse toujours à l’histoire du Poitou. Il est membre de sociétés savantes et publie des articles souvent liés à l’histoire littéraire poitevine, domaine dans lequel il a acquis une connaissance encyclopédique. Ses auteurs de prédilection sont ceux du XVIe siècle et, plus particulièrement, le fontenaisien Nicolas Rapin dont il a largement contribué à la redécouverte des œuvres. Nous y revenons plus loin.
A la documentation réunie par Emile Brethé sur l’histoire et la littérature poitevines s’ajoutent des collections de cartes postales et photographies sur le Poitou tout proche, mais aussi sur les terres plus lointaines d’Indochine, du Tonkin et du Maroc. Des images pieuses en dentelle de papier et des cartes publicitaires en couleur (fin XIXe-début XXe s.) complètent les collections. Sa bibliothèque d’une grande valeur et riche de 1142 titres rassemble éditions rares aux magnifiques reliures et textes marquants de la culture poitevine.
Le seiziémiste Jean Brunel fait paraître en 1976 la Bibliographie (1570-1975) des œuvres de Nicolas Rapin, de ses fils Nicolas et Mesmin, et de son petit-fils Postume puis, de 1982 à 1984, l’édition critique des Œuvres de Rapin en trois tomes. C’est avec la publication de ces ouvrages que les travaux d’Emile Brethé voient leur aboutissement. Ayant renoncé devant l’ampleur de la tâche à publier lui-même les œuvres du poète, Emile Brethé confie en effet ses nombreuses fiches de lecture à Jean Brunel. Celles-ci servent alors de point de départ à son étude et fournissent une part notable de l’annotation de l’édition. L’exemplaire présent dans la bibliothèque contient d’ailleurs un envoi où Brunel exprime sa « profonde gratitude » à son donateur.
Revenons sur la figure de Nicolas Rapin. Né vers 1535 à Fontenay-le-Comte, il est lié par sa famille aux Tiraqueau, Brisson et Goguet, et est le contemporain du mathématicien François Viète, du poète André de Rivaudeau et de l’historien Lancelot de La Popelinière, en bref de cette génération d’hommes qui font de Fontenay un des centres humanistes importants de la Renaissance.
Magistrat, Rapin s’engage pour la cause catholique à une époque où les guerres de religion font rage. Il participe à la défense de Poitiers pendant l’été 1569, et échappe de peu à la mort lors du siège de Fontenay en juin 1570. Il est l’un des auteurs de la Satyre Ménippée, le plus célèbre des pamphlets de la fin de ce siècle. Cette œuvre collective qui mêle prose et vers paraît en 1594. Elle relate la tenue des États généraux du 26 janvier 1593, convoqués par le duc de Mayenne, chef de la Ligue hostile à Henri IV, dont le but est de choisir un roi catholique. La bibliothèque Brethé possède deux éditions de cette œuvre : l’une de 1824, avec un commentaire de Charles Nodier, l’autre de 1876, selon l’édition princeps de 1594.
Durant cette époque troublée, la poésie rustique connaît en France une expansion considérable. Publiés en 1575, Les plaisirs du gentilhomme champêtre appartiennent à ce courant. L’originalité du Fontenaisien est d’avoir introduit dans cette ode des éléments empruntés à la vie rurale et à la géographie du Bas-Poitou. On trouve là encore deux éditions de cet ouvrage dans la bibliothèque Brethé : l’une de 1581, l’autre de 1853, avec une notice biographique de l’érudit poitevin Benjamin Fillon.
D’autres écrits de Nicolas Rapin sont présents dans la bibliothèque d’Emile Brethé , pour découvrir ou redécouvrir une œuvre qui reflète la vie politique et littéraire de la fin du XVIe siècle.
31 mars 2010
La Martinique à l’heure vendéenne…
Pierre René Marie de Vaugiraud est nommé gouverneur de la Martinique en avril 1814 puis gouverneur général des Iles du Vent (Martinique et Guadeloupe) un an plus tard. Confronté aux défections en faveur de l’empereur pendant les Cent-Jours, il s’appuie sur les anglais pour défendre les intérêts du roi dans les colonies. Fervent partisan d’une réforme de l’organisation coloniale, il obtient gain de cause en septembre 1817 mais y perd son poste. Son rappel en France sonne comme une déchéance : il doit justifier de ses activités à la Martinique, en particulier de ses relations avec les anglais, devant une commission spécialement nommée et rapporte dans ce but une large part de ses papiers.
Cet ensemble de pièces est intégré au fonds de Fériet (40 J) qui réunit les papiers des familles Lodre, Vaugiraud et de Fériet, famille messine alliée aux deux autres. Signalons la présence des papiers de René Lodre des Chasteigners, beau-père du comte de Vaugiraud, éminent armateur sablais.

Edmond Bocquier : un chercheur enthousiaste
Dès les premières années du XXe siècle, alors qu’il est âgé d’une vingtaine d’années, Edmond Bocquier sillonne la Vendée pour recueillir ce qui sera le fruit de la première enquête ethnographique dans le département.
Sa carrière dans l’enseignement le mène ensuite en Savoie puis dans le Cantal et en Maine-et-Loire mais toujours il poursuit ses recherches dans des domaines aussi variés que la linguistique, la géologie, la préhistoire, le folklore et l’histoire des communes de Vendée. Ses ennuis de santé, qui l’obligent à prendre une retraite anticipée en 1932, ne l’empêchent pas de se lancer dans un travail titanesque : la réalisation d’un dictionnaire toponymique de la Vendée, à l’image de celui de Célestin Port pour le Maine-et-Loire. Malheureusement, il meurt en 1948 avant d’avoir achevé ce grand œuvre que la Société d'émulation de la Vendée propose aujourd'hui au public .
Les modifications apportées dans le classement du fonds Bocquier (59 J) ont permis de mettre en relief quelques dossiers sur les fouilles archéologiques entreprises en Vendée, en collaboration notamment avec Eugène Waïtzenegger, son beau-père. D’ailleurs ce fonds comprend, outre les papiers d’Edmond Bocquier, ceux de Waïtzenegger et de Louis Fallourd, son oncle, qui ont respectivement travaillé sur les régions de Challans et de Foussais-Payré.

Des archives pour comprendre le « miracle économique vendéen » et le tourisme
Mise en ligne de deux guides de sources
Département essentiellement rural jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, la Vendée voit son développement économique s’accélérer dans l’immédiat après-guerre. Une nouvelle génération d’entrepreneurs bouleverse le paysage industriel d’alors. Cet essor, souvent appelé « miracle économique vendéen », a laissé des traces écrites que le Guide des archives économiques répertorie.
On y trouvera les dossiers que les administrations (préfecture, sous-préfectures, conseil général, Banque de France…) ont constitué pour s’informer des compétences et des énergies, mais aussi pour les contrôler, les accompagner et les susciter. Des fonds d’archives privées que les Archives de la Vendée ont reçus et continuent de recevoir, y ont également leur place.
Le tourisme dont la place dans l’économie vendéenne n’a cessé de croître depuis la deuxième moitié du XXe siècle, fait l’objet, quant à lui, d’un guide spécifique. Les sources sur son histoire qui correspond d’abord à l’attrait du littoral, y sont recensées depuis l’époque des « bains des mers » (1816-1940) jusqu’au tourisme de masse (1945-2000) en passant par le développement plus récent du tourisme intérieur. Le tout est complété par une importante bibliographie. Autant de sources pour susciter des recherches de loisirs ou universitaires.
Classement en cours
En raison de son classement, la série T (instruction publique, sciences et arts) sera fermée à la consultation pour l'année scolaire 2009-2010.

3 figures politiques : 3 périodes charnières pour la Vendée
La mise en ligne ce mois-ci de 2 nouveaux inventaires d’archives (3J, Fonds Boissy d’Anglas et 21J, Fonds Paulze d’Yvoy) apporte un riche complément au fonds Mer
Grâce à d’abondantes correspondances, de nombreux rapports et états sur la situation mora
Nommé préfet de la Vendée en 1800, Jean-François Merlet, convaincu de la volonté de paix de la population, s’efforce jusqu’à son départ en 1809, d’anéantir toutes tentatives de rébellion qu’elles soient fomentées par des révolutionnaires nostalgiques ou par des royalistes. Il laisse une Vendée pacifiée où les instances du régime impérial parviennent à s’imposer.
Mais en 1814 l’Empire est menacé. Des commissaires extraordinaires chargés des opérations armées et du recrutement des troupes sont envoyés dans chacune des divisions militaires. C’est ainsi que François-Antoine Boissy d’Anglas arrive dans l’Ouest : informé quotidiennement de l’avancée des coalisés venant du Sud, il coordonne chaque action et s’attache à contrer
À cette même époque, Jacques-Christian Paulze d’Yvoy est envoyé en Vendée pour une courte mission d’inspection. Il y revient comme préfet en 1833. Pour remédier à une mauvaise organisation de l’administration, constatée dès son arrivée, il entreprend de parcourir
Autre nouveauté ce mois-ci, la mise en ligne de l’inventaire des archives du MRP (Mouvement Républicain Populaire). Outre les grandes idées et l’organisation de ce parti, on y découvre l’action de la fédération de Vendée, et son assise dans le département de 1945 à 1947.
Pour consulter ces inventaires, cliquez sur les liens suivants :
- 3J - Fonds Boissy d’Anglas (commissaire extraordinaire en Vendée, 1813-1817)
- 21J - Fonds du préfet Paulze d’Yvoy (1832-1841)
- 1Num110 - Fonds du préfet Merlet (1761-1838)
- 27J - Archives du MRP, fédération de Vendée (1944-1957)

La presse aux Archives de la Vendée (XIXe s. - XXIe s.)
Du Journal du département de la Vendée publié par Cavoleau entre 1812 et 1815 aux éditions locales d’Ouest-France, en passant par l’édition datée d’hier du journal Le Monde, les Archives de la Vendée conservent plus de 150 titres de presse nationale et locale, d’une périodicité au moins bimensuelle.
Et quoi de plus utile pour débuter une recherche sur un événement, qu’il soit politique, économique, judiciaire, culturel ou sportif, que les journaux de l’époque ? Leur recensement est désormais disponible sur ce site.
Deux de ces titres sont même déjà en grande partie consultables dans la bibliothèque numérisée (Le journal des Sables, 1851-1944, et La gazette vendéenne, 1849-1892).
Consulter le catalogue chronologique des journaux
4 mars 2008

La pensée historique. Orientations bibliographiques
La bibliothèque historique des Archives départementales de la Vendée compte aujourd’hui près de 20 000 ouvrages. Elle a été constituée progressivement depuis un siècle, résultat de dons, de dépôts et d’acquisitions.
Cette bibliothèque a pour vocation de réunir la plupart des publications ayant trait au département, des sources imprimées et des outils de travail. Elle se veut aussi représentative de la recherche historique française, de ses modes et des débats qui l’animent. La bibliographie qui suit constitue un échantillon de travaux ayant fait date ou témoignant de nouvelles approches, tous conservés aux Archives de la Vendée.
Mars 2008